GRAND PRIX DE PAU HISTORIQUE

La fureur des moteurs, les senteurs des huiles diverses, la sueur bestiale des pilotes s'échappant des combinaisons ... Bienvenue dans le monde des courses historiques. Les vieilles sont devenues cultes, les mécaniques horlogères, le bruit symphonie aux milles notes .

La dégaine des mamies sur quatre roues surprend mais ne laisse pas indifférent, imaginez-vous au virage mythique de la gare, armé de votre appareil photo, accroché aux barrières de sécurité, d'abord le son des moteurs en pleine vitesse au loin qui déboulent, l'odeur ensuite prenante du caoutchouc, la fumée, un crissement de pneu, des roues qui flageolent et rigolent. Le pilote, les yeux plissés, les gants fermés sur le bois du volant monstrueux, luttant contre l'envie de me lancer un sourire Ultra Brite, réagit en un éclair, oubliant son égo, il me nargue et m'ignore.

Mes jambes flageolent, une sueur froide coule le long de ma colonne dorsale, la vieille me nargue et rigole à plein piston, ses yeux globuleux clignotent, mes orteils grelotent, le sol tremble, mes os chevrotent,le boucan infernal me réveille soudain, en vrai pro mon index ignore mon cerveaux qui perd tout contrôle. D'un geste autoritaire, il outrepasse mes ordres de repli d'urgence et s'agace sur mon déclencheur libérant ainsi les rafales de mon appareil nippon.

La vielle bête a bien ri, je ressens encore le souffle de ses élégantes rondeurs, à quelques centimètres de moi.

Mes nuits, maintenant, ondulent au rythme de ses courbes infernales, me laissant, le matin, blême et triste de n'avoir que ce souvenir sur papier glacé ...